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Rencontre des animateurs de GEMs les 4 et 5 octobre prochain à Montélimar

D 18 septembre 2019     H 04:03     A Stefan Jaffrin     C 0 messages


Présentation des rencontres

On recense presque 1000 animateurs ( à raison de 1.5 animateurs TP par GEM + 0.5 stagiaire). Même si beaucoup des animateurs semblent moins investis que les présidents dans le militantisme GEMs il n’en reste pas moins que beaucoup d’entre eux aiment leur métier et deviennent de véritables professionnels des GEMs en place depuis plus de dix ans (cas de Véronique Soulez à Marseille, mais également de Nathalie au GEM de Clermont). Un professionnalisme qui va parfois de pair avec un comportement trop stéréotypé qui laisse les adhérents dans un rôle subalterne.

Aucune étude sociologique n’a porté pour l’instant sur cette profession émergente. On trouve des profils très variés et sur la quarantaine d’animateurs de GEM que j’ai rencontré, peu ont un parcours ou une formation d’animateur, ayant plutôt été éducateurs spécialisés, assistantes sociales, éducatrice en économie familiale,…. Si la plupart sont employés directement par le GEM ou le gestionnaire, on trouve également quelques personnels détaché de la fonction publique hospitalière comme au GEM de Saint Denis, au Passage dans le 5éme arrondissement parisien ou dans le GEM TC de Clermont Ferrand.

Il arrive très souvent qu’une même association, l’UNAFAM très souvent, gère plusieurs GEMs à la fois dans le département. Elle va donc créer en plus des postes d’animateurs, un poste de coordinateurs, comme ce qu’ont fait l’UNAFAM et l’association VIVRE dans les Hauts de Seine ou l’association Espérance63 dans le Puy de Dôme avec son association le Gemdesdômes qui gére les GEMs de Clermont, Issoire et Cournon.

Beaucoup des GEMs de province fonctionnement normalement avec deux animateurs, comme c’est recommandé par le Cahier des Charges de 2016, avec un animateur-coordinateur en CDI, épaulé par un simple animateur plus souvent en CDD. Mais la situation varie énormément selon les mois : si l’animateur principal est souvent employé en CDI, le second animateurs ne bénéficie le plus souvent que d’un CDD de 6 mois et il se passe souvent plusieurs mois entre 2 recrutements. De fait la plupart des GEMs doivent souvent se débrouiller avec un seul animateur,voire zéro quand le GEM traverse une crise. Le parrain peut alors soit fermer le GEM s’il estime que les conditions de sécurité ne sont plus remplies, soit laisser le GEM fonctionner en totale et parfois chaotique autonomie : c’est notamment ce qui est arrivé au GEM Janus de Montpellier. Les GEMs gérés par un animateur ex adhérents sont d’ailleurs réputés pour avoir une gestion plus chaotique que ceux gérés par des animateurs professionnels qui gardent une distance plus grande. C’est tout l’intérêt du travail de Sylvain Bourg dans son mémoire de DEIS de l’université de Toulouse (2018 non disponible en ligne) d’avoir comparé le fonctionnement d’un GEM avait animateur professionnel et l’autre un animateur-adhérent : les résultats sont savoureux et révélateur : le premier GEM fonctionne gentiment sans plus alors que l’autre est très fusionnelle mais part en vrille tous les 3 ou 4 mois.

Ces animateurs sont parfois épaulés par des stagiaires (souvent issus de la même formation que l’un des animateurs qui fait appel au réseau de son école) ainsi que par un jeune en service civique. Ce qui n’empêche que beaucoup de GEMs se retrouvent pendant de très nombreux mois avec un seul animateur, à cause du Turn Over fréquent ou de restrictions de budget (notamment pour les GEMs parisiens qui payent un loyer triple à celui des GEMs de province).

CDI, CDD ou vacataires

Pour éviter que l’animateur ne prenne trop de poids et de pouvoir, certains GEMs comme Bon Pied Bon Oeil (BPBO) à Toulouse préfèrent avoir une série de vacataires, intervenant de façon plus ponctuelle. Ailleurs comme dans le nord des Hauts de Seine, on trouve des animatrice volantes qui viennent épauler les animateurs de chaque GEM un jour par semaine. Beaucoup de ces animateurs étant embauchés au SMIC et à temps partiel se retrouvent donc dans la même situation de précarité économique que les adhérents des GEMs, restant peu de temps en poste.

Etant associatif et ne dépendant d’aucune grille salariale, chaque GEM peut donc payer l’animateur comme il l’entend, ce qui donne lieu à beaucoup de disparités de salaires, les GEMs ayant d’autres financements que ceux de l’ARS pouvant payer jusqu’à 50 % de plus leur animateur principal, qui sera pour l’occasion souvent rebaptisé coordinateur pour justifier cette augmentation. Les animateurs de GEMs sont rattachés à la convention collective 66 et ne sont pas recrutés en fonction de leur diplôme, mais uniquement en tant qu’animateur pour un salaire à peine spiérieur au SMIC, ce qui est bien peu quand on connaît l’étendue des tâches de coordination de l’animateur principal. C’est d’ailleurs pour acquérir de nouvelles compétences que beaucoup d’animateurs comme Fabien Genet (Haut de Seine), Sylvain Bourg (Toulouse) ou Philippe (Connexion +) entreprennent des études complémentaires, souvent un DEIS (Diplome d’Etude Supérieure en Ingénierie Sociale).

Beaucoup de progrès peuvent être faits au niveau de l’animation des GEMs qui laisse parfois à désirer : elle est en effet assurée par de jeunes animateurs qui ne connaissent pas grand chose aux problématiques de santé mentale et seraient plus à leur place dans une colonie de jeunes ados (certains ont par exemple une lourde tendance à s’enfermer dans leur bureau et à se réfugier dans le travail administratif, voire à considérer les gémeurs comme de grands enfants).

C’est une nouvelle profession, ou plutôt une nouvelle spécialité, en train de naître. L’Université Paris VIII a d’ailleurs mis en place avec le GEM de Vanves en 2012 un diplôme d’animateur de GEM (http://www.fp.univ-paris8.org/Animation-de-groupes-d-entraide 200 heures de cours, soit environ 2 mois de formation). Cette formation a fait long feu puisqu’elle n’a pas été poursuivie les années suivantes, faute de candidats ….entre autre. Elle était également proposée en 2016 dans le catalogue des formations de l’Université Paris 8 mais n’a pas eu lieu. Sa relance par le CNIGEM est cependant toujours à l’ordre du jour si l’on en croit les rumeurs.

Quant au GEM Parenthèse à Marseille dont l’animatrice Véronique Soulez est également vice présidente de Substrat, l’association des animateurs de GEMs, en cours de création, il est depuis peu organisme certificateur afin de faire reconnaître la profession dans la nomenclature professionnelle (avec un profil de poste et une formation y correspondant).

Une association des animateurs de GEMs, Substrat est ,en cours de formation. Elle a d’ailleurs organisé sa première réunion à Narbonne en septembre 2018 et une suivante à Besançon en mars 2019. Certaines ARS de leur côté ont également financé des groupes d’analyse des pratiques et des formations spécifiques à certaines techniques d’animation.

Les GEMs étant fondé sur la paire aidance et l’autogestion, l’idéal c’est que l’adhérent puisse devenir également animateur. C’est ce qui se passe dans 10% des GEMs et notamment dans ceux d’Advocacy Paris ou les animateur sont systématiquement des anciens adhérents, dont la célèbre Chrystelle Rosar (auteure du livre paru en 2013 « J’ai survécue à la psychiatrie »). Une collaboration qui me marche pas toujours comme ce fut le cas au GEM de Margny les Compiègnes, ou l’animateur dut démissionner au bout de 6 mois : il est pas toujours évident de passer de l’autre côté de la barrière du statut d’adhérent à celui d’animateur salarié : la jalousie l’emporte parfois.

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