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En quoi l’irruption du coronavirus a-t-il impacte le fonctionnement des GEMs ?

D 21 mars 2020     H 00:57     A Stefan Jaffrin     C 0 messages


20-03-2019 9h am

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L’État a décidé en début de semaine de leur fermeture totale du jour au lendemain. L’événement n’est pas totalement inédit puisque beaucoup de GEMs ferment leur porte pendant quelque semaine durant l’été.
Mais tout cela est préparé des semaines à l‘avance, des consignes de sécurité sont mises en place pour éviter top de casse, les gémeurs les plus fragiles étant mis à l’abri, parfois accueilli à l’hôpital pendant la fermeture du GEM.
Là, ça c’est fait du jour au lendemain, avec le même régime pour tout le monde, que ça passe ou que ça casse.
A la place les animateurs assurent un accueil téléphonique et appellent les adhérents les plus fragiles pour s’assurer que tout va bien pour eux et aussi souvent pour les rassurer.
Quand on vit tout seul, ce qui est le cas aujourd’hui de la majorité des Gémeurs, dans des conditions relativement précaires, un tel événement peut déclencher de grandes crises d’angoisse, voire de graves pétages de plomb.
C’est pour ça que malgré le confinement, il est important de maintenir le lien par tous les moyens possibles.
Le téléphone ça va, quasiment tout le monde en possède un. En revanche, plus de la moitié des gémeurs sans doute n’ont pas d’accès Internet, ce qui ne va pas faciliter les choses.
Parce que le problème c’est que tout ferme : à part le GEM ces personnes avaient quand même accès à d’autres lieux de socialité : les resto du cœur, les délégations de la Croix Rouge Française…
Là aujourd’hui il n’y a plus rien. Il se trouve que j’ai été le spécialiste il y a 30 ans de l’aide psychologique en Europe. Je connais donc un peu les avantages et les limites de ce type de prise en charge de l’urgence.
Il faut voir cependant que cela ne concerne que 25 000 personnes, dont 5000 uniquement, ceux pour qui le GEM est le dernier lien à la société, sont en état de grave risque.
Pour eux ça risque d’être les tentatives de suicide et les hospitalisations en urgence que les GEMs permettaient d’éviter jusque-là.

3/ Qu’attendez-vous du gouvernement pour vous aider ?

Je ne peux vous répondre qu’en tant que sociologue en thèse de doctorat et éditeur du site Entraide-Mutuelle.net, devenu aujourd’hui la principale source d’information détaillée et journalistique sur les GEMs.
Pour ce qui est des GEMs eux-mêmes. Je ne suis par ailleurs qu’un simple adhérent de GEMs de base, ma seule particularité étant que je fréquente au quotidien une cinquantaine de GEMs.
Pour répondre au nom des GEMs, je vous conseille de vous adresser au CNIGEM qui est censé plus ou moins être leur représentant légal, ayant délégation par la CNSA.
Maintenant, si vous me demandez si ce que j’attends des autorités pour le site WEB et ou pour la thèse, je ne vous dirai rien, dans la mesure où contrairement aux associations à l’origine comme la FNAPSY ou ADVOCACY, elles ne s’intéressent pas outre mesure à ce que je fais.
Cela tient à deux choses : Les GEMs ne sont pas fait pour être intelligents, on réserve ça aux Pairs Aidants sur lesquels on investit tous les financements, tandis que pour les GEMs on se contente du minimum vital.
Donc il n’y a pas d’argent pour une action comme le site WEB et a fortiori pour fiancer une thèse sur les GEMs.
L’autre raison, c’est que le CNIGEM soit leur principal interlocuteur et que le concurrent que je suis aujourd’hui en tant que principale source d’information en direct et en réflexivité sur les GEMs doit être étouffé dans l’œuf.
Donc j’ai fait mon deuil de ne pas travailler dans une certaine précarité, comme d’ailleurs la majorité des étudiants en doctorat. Cela ne m’empêche pas cependant de travailler sur des plans de financement, comme la réponse à un appel d’offre de la Fondation de France en début d’année (qui a été retoquée).
Je travaille à l’heure actuelle avec les deux fédérations précédemment citées sur la mise au point d’un contrat CIFRE, mais là encore une fois il risque de nous manquer les compléments de financements nécessaires (15 000 Euros pendant 3 ans) pour monter le projet.
L’État pourrait donc éventuellement m’aider avant tout à pérenniser ce projet sur le long terme, parce qu’ayant maintenant investit à perte financièrement depuis deux ans, je finirai tôt ou tard par jeter l’’éponge.
En attendant, il pourrait m’aider à le réaliser dans de bonnes conditions et non pas dans le combat et la précarité permanente, ainsi le site WEB serait beaucoup plus riche et professionnel, alors qu’actuellement il est fait de bric et de broc. Au lieu de prendre 6 ans, ce projet serait mené en 2 ans : en effet aujourd’hui je ne peux m’y consacrer qu’à temps partiel et publier un livre à intervalle régulier pour présenter l’État des travaux.
Ca permettrait aussi de mieux travailler à plusieurs sur ce projet. Nous sommes un petite équipe de 4 personnes, mais pour l’instant comme personne ne peut être rémunérer personne ne peut faire grand-chose.

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