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Resituer les GEMs dans tout le maillage socio-sanitaire de la santé mentale

D 20 septembre 2019     H 11:01     A Stefan Jaffrin     C 1 messages


On ne pourra pas non plus faire l’économie de nous intéresser à la population des 2 millions de personnes suivies par les CMP, les SAMSAH, les MDPH ou aux 850 000 personnes mises sous tutelle ou curatelle renforcée dont sont issus la presque totalité des Gémois. La majorité des gémeurs quand ils ne sont pas suivie par le privé, fréquentent un CMP, qui est souvent leur autre grand interlocuteur. La plupart des Gémeurs sont suivi par un CMP à raison d’une fois par mois, voire tous les 3 mois, les moins « stabilisés » suivant la terminologie en vigueur, ayant même un rendez vous tous les 15 jours. Une partie de notre étude va donc consister à étudier comment ces différents services travaillent main dans la main, se fréquentent à intervalles plus ou moins réguliers, même s’ils sont censés n’avoir aucun lien ou du moins être complétement indépendant les uns des autres.

Les GEMs dans notre hypothèse sont destinés à devenir la tête de pont du réseau de prise en charge des gémeurs en tant que collectif, les autres continuant à être suivi par le système médico-sociale classique. Je dis bien collectif, car officiellement les GEMs ne doivent pas faire de prise en charge individuelle, celle-ci devant rester l’oeuvre des structures classiques, dans la répartition des tâches imaginée par nos bureaucrates. De faites, on s’apercevra rapidement que le GEM, s’il en a le temps (grosso modo s’il a 2 animateurs temps plein), va consacrer un temps considérable à répondre à des besoins individuels. Ainsi au GEM de Margny où nous avons passé de nombreuses jounrées d’observation, nous avons pu voir que le président et l’animateur du GEM était souvent la moitié de leur temps de travail en entretien individuels avec des gémeurs, qui pour des problémes de logements, qui pour son entrée en ESAT.

ESAT, CATT, CMP, même combat

Dans notre étude nous avons choisi de comparer les GEMs à ce qui semble les formes les plus proches des GEMs, c’est à dire les ClubHouse et les Club Thérapeutiques (association, autogestion, mise à distance du pouvoir soignant).

On pourra éventuellement élargir cette comparaison aux hôpitaux de jour, au CATTP, ESAT fréquentés par quelques gémeurs mais de façon moins fréquente (si les 3/4 des gémeurs sont clients d’un CMP, seul un dixiéme environ fréquentent chacune des autres structures et de façon plus ou moins réguliére. De façon générale, les patients en hôpitaux de jours ou en CATTP ne sont pas encore considérés comme assez stabilisés pour pouvoir fréquenter un GEM (risque de crises, difficultés relationnelle, violence,…). Quant aux quelques 10 % de salariés protégés fréquentant un ESAT, ils ont rarement le temps de se rendre au GEM, hormis quand celui-ci est ouvert le WE, ce qu’il doit faire officiellement deux fois par mois. Trés rares sont les salariés qui ont le temps de s’y rendre plusieurs fois par semaine, condition indispensable à notre avis pour pouvoir être considéré comme un vrai gémeur. Lareprise d’une activité professionnelle est d’ailleurs une des principales causes de la sortie de GEM, avec la relatiion amoureuse, le retour à l’hopital ou la reprise d’une addiction.

Un parcours bien balisé

Les GEMs sont la suite plus ou moins logique d’un parcours psychiatrique qui a commencé entre les 4 murs d’un HP, pour se poursuivre ensuite de l’hôpital de jour au CATTP et se terminer définitivement dans un GEM, acte final du parcours psychiatrique avant l’éventuel retour à la vie civile. GEMs et Club Houses proposent certes un concept beaucoup moins médical que les hôpitaux de jours ou les CATTP qui ne sont que la prolongation par d’autres moyens de l’HP, mais ils restent des outils de gestion psychiatrique. On peut même subodorer que c’est un peu pour désengorger les CMP que les GEMs ont vu le jour. Il ne se passe pas d’ailleurs un jour ou deux sans que l’animateur de certains GEMs proches des institutions médicales (alors que d’autres ont plutôt tendance à refuser le contact), soit obligé d’appeler le CMP pour un de ses adhérents. Donc, paradoxalement, le GEM est censé n’avoir aucun rapport officiel et institutionnel avec le CMP, et dans la réalité celui-ci est devenu un de ses plus grands interlocuteurs mais aussi sa soupape de sécurité. Il faut dire que la vie en CMP qu’a si bien décrit Livia Velpry a beaucoup changé depuis « Le quotidien de la psychiatrie » et l‘adoption en 2011 de la loi sur les soins sous contrainte, les rapports entre usagers et soignants, étant souvent devenus plus tendus. On comparera d’ailleurs avec beaucoup d’intérêt l’ambiance en CMP que décrit Livia Velpry et celle que nous avons pu observer sur le terrain (enquête de 2017 pour Psychiatria Delenda Est ») avec une multiplication des salles de soins pour l’administration des injections retards, un engorgement toujours plus grand des salles d’attente (alors qu’en 2010 les rendez vous s’obtenaient dans la semaine, il faut maintenant plus de 6 mois souvent pour en obtenir un).

On observe de fait un déplacement de population des CMP de façon générale vers les GEMs, les CMP ne pouvant plus tenir le rôle de lieux de vie que certains avaient autrefois avec un espace cafet, un budget sortie,des infirmiéres à l’écoute,…. On a vu l’exemple sur la ville de Compiégne, notre terrain de pré enquête où les rendez-vous dans le CMP étaient donnés 15 jours à l’avance en 2008 contre 4 mois a l’avance en 2018. A Angers, nos collégues d’Humapsy nous ont signalé la fermeture d’un CMP et d’un Club Thérapeutique, remplacé par des GEMs. Dans plusieurs autres villes, c’est tout le budget activité du CATTP qui a été transféré vers le GEM. 

Pour aller plus loin :

1 Messages

  • Commentaire reçu d’une lectrice en message privé et reproduit anonymisé mais avec son autorisation :
    En lisant l’article, je ne reconnais pas trop mes adhérents. Je vais noter à plat…
    Les deux GEMs ont peu de rapports avec le CMP ou le soin. Ma collègue à Montauban idem…
    J ai des liens avec les partenaires certes mais pas basés santé
    Sur mes 19 adhérents, seuls 4 sont suivis par un Samsah. Les autres ne dépendent d aucune structure et vont en camp 1fois par mois ou par trimestre.
    D accord pour dire qu’ on est le maillon final de la psy ; le gem étant à la base pour eux, devenu un lieu pour toute personne ayant une problématique de santé….nous sommes en qq sorte « une veille », ce qui permet de dire que l animatrice est plus accompagnatrice que animatrice
    Le lien avec le cmp est incontournable, la santé des gemeurs n est pas des plus stables et face à certains comportements ou symptômes, il est demandé au gemeurs d aller voir son médecin ou cmp…
    Une personne instable ne peut pas rester au gem, soyons honnêtes, elle met en péril les adhérents.
    Si les miens sont forts avec le cmp, cela peut montrer le manque de formation, la solitude des animatrices.
    Mais bcp de gemeurs refusent de parler soin au cmp..ils veulent une vie normale
    D où la difficulté de se positionner…D où le rôle de l animation…qui fait de la prévention parfois…
    Je suis d accord pour dire que le GEM à pris la suite du cmp quant aux activités. Les ressources financières du CMP ont diminué, aujourd’hui mes collègues de CMP dans le département, estiment avoir 50€ pour des activités par mois, moi j en ai 500 ».
    D accord avec les soins retard en CMP aussi, bien vu sur mon terrain aussi…

    Vrai aussi les relations GEM et CMP tendues pour le patient, certaines pathologies faisant du bon ou mauvais sujet…parfois, le gem vaut rien et le CMP oui, parfois inverse…idem les tuteurs peuvent être des,mauvais objets


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