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Hermann Händlhuber et Claude Lefebvre, « médiateurs de santé-pair » Programme « Housing first » Marseille

Et anciens président des Nomades Celestes et de Sentinelle Egalité

D 21 mai 2020     H 15:39     A Stefan Jaffrin     C 0 messages


Programme « Housing first », Équipe mobile santé mentale précarité de l’hôpital Sainte Marguerite (AP-HM).

Claude est un vieil ami que j’ai rencontré au début de ma thèse en décembre 2018 à Marseille. On me l’avait présenté comme un personnage incontournable du milieu marseillais. C’est donc à la terrasse d’un café en haut de la Canebiére que nous nous retrouvâmes. Depuis nous sommes resté en lien de façon épisodique.

"Hermann Händlhuber et Claude Lefebvre sont actuellement employés comme « médiateurs de santé-pair » par l’hôpital Sainte Marguerite à Marseille. Hermann Händlhuber est également président du GEM « Les nomades célestes ».
Pouvez-vous nous présenter brièvement votre parcours ? Hermann Händlhuber. Je suis originaire d’Autriche où j’ai vécu une grande partie de ma vie. J’appartenais à l’époque à la bonne
bourgeoisie autrichienne. J’ai travaillé dans le bâtiment puis dans les assurances. J’étais particulièrement bien intégré sur le plan social, je gagnais pas mal d’argent. Je militais au niveau régional pour le parti populaire autrichien (l’équivalent de l’UMP). Bref, je vivais une vie confortable et conformiste, mais mon travail ne me satisfaisait pas vraiment et j’avais tendance à boire de temps en temps pas mal d’alcool. Dans les années quatre-vingt-dix, à la suite de mon deuxième divorce, j’ai basculé dans une dépression cachée. J’ai tout plaqué et suis parti en errance dans différents pays (Italie, Espagne, Maroc…). J’ai vécu ainsi dans la rue pendant huit ans. Au départ, j’étais fasciné par la marginalité, c’était un peu l’aventure. Puis, progressivement, j’ai complètement sombré dans l’alcool. Je suis tombé malade (tuberculose) et suis resté plusieurs mois à l’hôpital, ce qui m’a permis de sortir quelques temps de la misère de la rue et surtout d’obtenir le versement de l’AAH. J’ai loué une petite chambre meublée et j’ai commencé à écrire mon histoire, mais la guérison a eu comme conséquence la suppression de l’AAH, et ce fut le retour à la case départ ! Nouvelles errances, passage par Marseille et rencontre avec le docteur Girard. Il m’a aidé à guérir de la dépression. De l’alcool, j’ai guéri moi-même. Et progressivement, il a proposé que j’intègre, à partir de 2005, à titre bénévole d’abord, puis rémunéré à partir de 2008, l’équipe de rue de Médecins du monde et de l’AP-HM. 

Claude Lefebvre. Je suis d’origine gitane. Ma mère a connu l’hôpital psychiatrique pendant vingt ans et j’ai été en partie élevé dans la rue. J’ai connu ma première hospitalisation à l’âge de 35 ans. Lorsqu’en 2006, j’ai intégré le GEM des Canoubiers porté par l’association Les sentinelles égalité, on m’a tout de suite donné des responsabilités. Je me suis employé, avec deux camarades du GEM, à développer un système d’entraide autour de la diffusion des connaissances informatiques, pour favoriser le rétablissement par l’accompagnement par les pairs.
Comment s’est opéré le passage au rôle de médiateur de santé dans l’équipe mobile psychiatrie précarité de l’APHM ? Claude Lefebvre. J’ai rencontré le Dr Girard dans l’association Les sentinelles égalités, dont il a été fondateur avec le Dr Dolores Torres et Maïté Arthur, une usagère. Il m’a demandé si j’étais intéressé à participer à une équipe de recherche et à venir travailler comme médiateur de santé/travailleur pair. J’ai d’abord hésité. Pendant trois mois, j’ai beaucoup réfléchi et discuté avec mes pairs. Le projet avait permis d’ouvrir un squat pour les gens de la rue et il me semblait que l’équipe faisait du bon travail. C’est ce qui m’a décidé à accepter de participer, comme bénévole pour commencer. J’ai aussi beaucoup discuté de psychiatrie avec ce psychiatre et il m’a semblé qu’il était assez humain pour que je travaille avec lui. "

Extrait de
Sarradon-Eck, Aline Farnarier, Cyril Girard, Vincent Des médiateurs de santé pairs dans une équipe mobile en santé mentale. Entre rétablissement et professionnalisation, une quête de légitimité
Revue Erudit Janvier 2012

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