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L’animateur de GEM, toujours là pour le collectif

D 21 juin 2019     H 15:28     A Stefan Jaffrin     C 0 messages


Article publié le 04/05/2016 sur https://emploi.directions.fr- Confronté à une grande polyvalence de tâches, depuis l’accueil à la coordination, et une absence d’évolution professionnelle, l’animateur de groupe d’entraide mutuelle (GEM) requiert un profil souple. Il soutient les adhérents souffrant de troubles psychiques dans leur parcours vers l’autonomie.
« Médiateur, agent d’accueil, secrétaire, intendant, homme de ménage, surveillant, serveur, animateur d’atelier de travaux manuels ou de jeux de société… En réalité, un homme à tout faire. » Patrick Gaildry, intervenant au groupe d’entraide mutuelle (GEM) Hémisph’Érik, à Vanves (Hauts-de-Seine), et représentant de la Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie (Fnapsy), énumère longuement les différents aspects de son métier d’animateur dans ce type de collectif. Il faut dire que les textes réglementaires [1] ouvrent des perspectives très larges.
Multiples casquettes
L’animateur salarié doit, à la fois, aider les adhérents à s’organiser pour la réalisation de leur projet, établir des relations avec l’environnement et les institutions de la cité, « veiller au confort et à la gestion quotidienne du groupe », être à l’écoute en cas de sollicitation individuelle. Et ceci « sans jamais se substituer aux professionnels du soin ou de l’accompagnement auxquels les personnes ont recours en tant que de besoin. » En somme, il multiplie les casquettes, mais ne peut être ni infirmier ni aide-soignant.
Il peut également participer aux assemblées générales et aux réunions du conseil d’administration du GEM de façon consultative. « Même si l’objectif est de pousser vers l’autonomie des personnes et du groupe, notre présence est souvent indispensable », souligne Thierry Louis, professionnel au GEM Club d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). L’animateur est amené à se déplacer, notamment dans le cadre des partenariats avec d’autres institutions, mais il doit être présent à l’ouverture des locaux. Toutefois, il peut confier les clés à des membres du GEM pour permettre l’amplitude horaire légale (qui peut couvrir le samedi ou le dimanche). « Ce n’est pas évident, car ce sont des personnes malades psychiques, prévient Patrick Gaildry. Cela dit, chaque GEM est différent. »
Formation à géométrie variable
Tout comme la fiche de poste, la formation attendue est très variable. En termes de qualification, l’administration ne requiert rien de précis, si ce n’est d’être « sensibilisé aux problématiques des personnes fréquentant ces GEM ». Aucun diplôme n’est exigé. D’autant qu’un usager peut devenir animateur salarié, « sous réserve qu’il n’en ait pas été ou qu’il n’en soit pas encore usager adhérent ». De rares cursus existent. Depuis 2011, l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis et la Fnapsy dispensent un diplôme universitaire (DU). D’une durée de 360 heures par an (à raison de trois jours par mois), il porte sur le fonctionnement des GEM, la législation, une introduction à la psychopathologie et des techniques d’animation. L’Union nationale des familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés (UNAFTC) propose, quant à elle, un module de formation de trois jours destiné aux animateurs de GEM accompagnant des personnes cérébro-lésées. « Mais la plupart se forment sur le tas », commente Thierry Louis.
De son côté, Jean-Pierre Pillard, administrateur d’Espoir Provence, association affiliée à l’Unafam qui compte notamment deux GEM, a deux critères de recrutement : « D’une part, la pratique professionnelle, le candidat ne doit pas seulement être issu du monde du sport ou de l’animation, il doit aussi avoir travaillé auprès de personnes avec des difficultés psychiques. D’autre part, et c’est très subjectif, il doit avoir une empathie envers les gens, être capable d’impulser des choses sans pour autant tomber dans du dirigisme. »
Salaire bloqué
La subvention de l’agence régionale de santé (ARS) destinée au GEM étant plafonnée à 75 000 euros, le niveau de salaire de l’animateur ne dépasse pas souvent le Smic, et se limite à des contrats aidés. En témoigne Patrick Gaildry qui constate, parfois, des offres d’emploi pour « agent d’accueil ». À Espoir Provence, les professionnels sont rémunérés selon la convention collective nationale de 1966. Ainsi Thierry Louis, éducateur spécialisé de formation, est-il recruté comme animateur 1re catégorie. Faute d’évolution de carrière possible et avec des conditions de travail difficiles, la solitude aidant, le turn-over est relativement élevé. Avec, selon la Fnapsy, une durée en poste d’environ trois ans.
 
Marjolaine Dihl
[1] Arrêté du 13 juillet 2011 et circulaire n° DGCS/SD3/CNSA/ 2011/301 du 26 juillet 2011
Point de vue
Thierry Louis, animateur du GEM Club d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)
« J’ai été 21 ans éducateur spécialisé en maison d’enfants à caractère social (Mecs). Puis j’ai souhaité me tourner vers la psychiatrie adulte. Au départ, je ne savais pas ce qu’était un GEM. Mais j’étais attiré par le relationnel. C’est primordial dans le métier d’animateur, tout comme la gestion de groupe ou la capacité de désamorcer les conflits. C’est avant tout une façon d’être, en gardant à l’esprit que l’on est face à des personnes qui, même stabilisées, souffrent de troubles psychiques. Il s’agit de garder une posture : éviter de tomber dans une relation duelle avec un usager. Le but est de pousser les membres du GEM à se saisir du lieu. Mais cela ne sort pas du chapeau ! Il faut l’expliquer. Ce poste n’est pas facile, car on peut se retrouver souvent seul. »

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