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Le GEM, une autre forme d’asile et d’aliénation aussi peut être un peu ?

D 7 juillet 2019     H 04:44     A Stefan Jaffrin     C 0 messages


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Si le bilan des GEMs est globalement largement positif, cela ne dispense pas cependant totalement de certaines critiques de fond en prenant en compte la partie sombre du développement des GEMs replacée dans l’évolution de la politique de santé mentale de ces dernières années. Les GEMs peuvent être vu une forme de traitement au rabais : peu de professionnels, très peu payés (un animateur coûte 3 fois moins cher qu’un psychologue), recours systématique au bénévolat, mise au travail du patient qui désormais doit participer au soin-toilette de ses congénères (la fameuse paire-aidance) faire lui même sa cuisine, ses courses,...

C’est pour éviter ce transfert des responsabilités des structures médico-sociales vers les GEMs qu’il est à ce point fait référence dans les textes et les conférences au fait qu’ils ne doivent pas se substituer à une réponse professionnelle et qu’ils n’ont aucune prétention thérapeutique. Mais quand le CMP est surchargé et que le seul Hôpital de Jour ferme, c’est forcément vers les GEMs que la population est obligée de se tourner.

La création des GEMs s’inscrit dans un mouvement général de réduction des coûts de l’hôpital public, de transfert de ceux-ci au secteur médico-social ou de la volonté de casser la psycho-thérapie institutionnelle en évacuant tout le travail psy de longue haleine,….. adieu psychologues, entretiens infirmiers, bains moussants,… désormais on vous légumise avant de vous transférer dans un établissement de longue durée, antichambre de votre future EHPAD.

A travers ces GEMs on risque aussi non plus de soigner mais de stabiliser les ex-patients dans un état semi-végétatif, sans plus aucune ambition de rétablissement, en les parquant dans des sortes de Lazarets modernes où ils vont définitivement vivre à l’écart de la société et finir leurs jours. On peut se demander parfois où est le bénéfice quand on voit des gémeurs qui vivent depuis plus de 10 ans enfermé dans un train train plus ou moins malheureux entre chez eux et le GEM. Est-ce que finalement certains d’entre eux n’aurait pas été incité à retourner dans la vie réelle, si le GEM ne les avait pas fossilisé sur place. C’est d’ailleurs ce qu’avaient reproché certains soignants à la loi de 2005, de transformer une détresse psychique guérissable et temporaire en handicap permanent, entraînant une relégation de la société dans ces lazarets modernes. L’individu échange sa singularité d’homme libre contre la reconnaissance de travailleur handicapé et l’obtention de droits spécifiques.

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