GI-G-EM : Groupe d’Intervention Rapide sur les GEMs The French taste Psychiatric Survivors Mutual Help Groups (GEMs)
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Les GEMs et la pairaidance

D 14 mai 2020     H 15:40     A Stefan Jaffrin     C 0 messages


Des gémeurs devenus Médiateurs pairs de santé

Les groupes d’usagers

Depuis le début des années 70 dans les pays anglo-saxons et depuis le milieu des années 80 en France des associations d’usagers à la fois militantes et clubs sociaux sont apparus en parallèle des des clubs thérapeutiques de tradition plus ancienne.

La démocratie sanitaire et la place toujours plus importante des usagers

La paire aidance
La notion que les malades puissent s’aider entre eux est apparue dès le début du 20éme siècle avec le développement des Alcooliques anonymes en 1937. Très rapidement les 12 principes des AA ont été utilisés pour soigner d’autres types de dépendance : aux narcotiques, mais aussi au sexe ou au jeu. L’OMS en a fait son cheval de bataille depuis les années 90.

L’entraide mutuelle

Les groupes d’entraide mutuelle dans leur sens général, telle qu’ils l’avait en France avant la loi de 2005 et tel qu’il l’a toujours dans les autres pays, se sont principalement des groupes de parole, avec parfois la supervision d’un psychologue. Dans le champ de la santé mentale, depuis 2010 en France se snt multipliés les groupes d’entendeurs de voix, qui existent aujourd’hui das une vingtaine de ville.

De la pair aidance, mais pas que :

Malgré leur nom, les GEM sont loin d’être uniquement des groupes de pair aidants dont le but central serait l’accompagnement et le soutien par les pairs. Ils n’ont d’ailleurs à l’origine pas été conçu pour cela, même si ls ont été rattrapé peu à eu par la mode ambiante. Avant que la loi ne vienne figer leur m dans le marbre, les GEM s’appelait souvent des Clubs d’usagers, des clubs sociaux voire des groupes d’accueil et d’entraide, comme les définissait alors l’Unafam..

Mais que sont réellement les GEM ?

Les GEMs sont des associations loi 1901 dont le but est d’organiser des loisirs pour leurs adhérents et de leur permettre de retisser du lien social en dehors de toute approche soignante. Les pairs aidants c’est un nouvelle forme de soin dont le concept, bien qu’il soit fort ancien n’a été développé en France qu’après celui des GEM.

Un GEM c’est un groupe d’entraide mutuelle, comme son nom l’indique. Mais en faite ce n’est qu’un dénominatif et non pas la désignation d’une pratique. Si l’on étudie le planning des activités de ces groupes, on n’y trouve aucune des activités typique de l’entraide mutuelle entre pair C’est presque devenu une marque déposée en France, puisque l’on en vient à contester le droit à des club d’usagers n’étant pas conventionné par l’ARS à s’appeler GEM. Il n’y a qu’en France qu’il y a cette notion spécifique de Groupe d’Entraide Mutuelle, qui a de fait était un peu volée aux Alcooliques Anonymes. Or dans les GEM les groupes de parole se pratiquent très peu, parce que trop liés à l’univers du soin. IL y a même de nombreux GEM où il est précisé qu’on ne doit pas aborder le thème des maladies,... On y vient pour se changer les idées. Il se pratique une forme de paire aidance dans les GEMs, mais ce n’est qu’une petite partie de la vie d’un GEM, c’est une paire aidance silencieuse qui ne dit pas non nom puisque très souvent on ne doit pas parler de sa maladie dans un GEM.
Mais les GEM sont loin de se réduire à de la paire aidance. Leur première mission est occupationnelle, la paire aidance ne vient que naturellement. Dans un GEM, chacun se trouve à un niveau de rétablissement différent, certains étant même complétement rétablis, alors que d’autres sont encore en phase de sortie de l’état de patients psychiatriques. Comme ils sont passés par le même chemin, les gémeurs se comprennent d’autant mieux et sont capables de s’entraider.
En limitant les GEMs à de leur pairaidance , on touche un des fonds du problèmes : les GEMs sont -ils simplement des lieux où les handicapés psychiques se retrouvent pour s’entraider entre eux ? Définir les gémeurs comme des aidants non professionnel est très réducteur : C’est l’approche médicalisante par opposition à une approche plus citoyenne. Si certains GEM se définissent volontiers comme des associations où l’on pratique la paire aidance, d’autres au contraire refusent ce terme qui fait trop référence à l’univers médical.

 

Que dit le Cahier des charges ? Evolution de la place de l’entraide mutuelle dans celui-ci

C’est d’ailleurs le Cahier des charges lui même qui le précise en assimilant les GEM à de l’entraide mutuelle, sans pour autant les limiter à cette fonction. Plus que de l’entraide le GEM doit créer du lien social et il doit avoir une forme associative. Le premier Cahier des Charges de 2005 ne mentionnait pas du tout l’entraide mutuelles dans ses objectifs. Elle est mentionnée en 2011, mais uniquement en terme d’entraide, alors qu’en 2019 il est clairement fait référence à de l’entraide mutuelle. De même la phrase qui précise le rôle du GEM ne mentionne plus l’entraide.

Cahier des charges de 2005

En 2005 le premier Cahier des Charges définissait les GEM comme "un collectif de personnes animées d’un même projet, qui, pour développer ce projet, doit trouver un cadre (généralement le soutien d’une association et un lieu qu’il puisse investir comme sien), l’aide de quelques personnes (animateurs salariés ou bénévoles) et des moyens financiers. "
Ce ’est que dans le Cahier des Charges suivant de 2011 que l’on voit apparaître l’entraide :
"Le GEM, qui peut se définir comme un collectif de personnes animées d’un même projet d’entraide, doit s’efforcer d’être une passerelle permettant aux personnes qui le fréquentent de retrouver une vie sociale satisfaisante et, le cas échéant, de recourir à des soins et un accompagnement adapté. "
"Le GEM est une association d’usagers adhérents, dont l’objectif exclusif est de favoriser des temps d’échanges, d’activités et de rencontres susceptibles de créer du lien et de l’entraide entre les adhérents
Ce n’est que depuis le Cahier des charges de 2016 qu’il est clairement fait référence à l’entraide mutuelle.

Cahier des charges de 2016

"Les GEM s’apparentent à des dispositifs d’entraide mutuelle entre pairs, en constituant avant tout un collectif de personnes concernées par des problématiques de santé (1) ou des situations de handicap similaires et souhaitant se soutenir mutuellement dans les difficultés éventuellement rencontrées, notamment en termes d’insertion sociale, professionnelle et citoyenne. "
"Le GEM est une association dont l’objectif exclusif est de favoriser des temps d’échanges, d’activités et de rencontre susceptibles de créer du lien et de l’entraide mutuelle entre les adhérents. La fonction première du GEM est de rompre l’isolement et de favoriser le lien social, à l’intérieur comme à l’extérieur du GEM, sur un mode de fonctionnement fondé sur une co-construction par les membres fréquentant le GEM des décisions relatives au GEM."

GEM et pairaidance une cohabitation compliquée

On peut même dire qu’il y a eu une sorte de concurrence entre les GEM et la vogue de la pair aidance. En 2005 l’accent a été mis sur les GEM, mais à partir de 2010 c’est la pair aidance qui a pris le dessus, en devant le sujet de très nombreuses études, alors que les GEM n’ont jamais beaucoup attiré les financements de recherche. L’idée fondamentale de la décennie a été de créer un corps de pair aidant professionnels, appelés Médiateur Pair de Santé, pour qu’ils interviennent dans le structures hospitalières et médico-sociales à l’image de ce qui se pratique couramment en Amériques (20 000 pair Médiateur Pair contre moins de 1000 en France). La pairaidance représente un peu l’excellence, celle sur laquelle porte tous les investissements (30 000 Euros pour former un Média de Santé pair contre 1000 pour un an de Gémeur) et les GEM l’espoir d’un sauvetage collectif. On ne trouve d’ailleurs quasiment jamais de MSP dans les GEM, hormis à Vannes et à Strasbourg. Le Cahier des Charge des GEM encouragent en revanche ceux-ci à recourir à des animateurs salariés ayant été adhérent du GEM ou d’un autre GEM. 

Une situation très franco-française

En Belgique les Clubs Thérapeutiques s’appellent des Groupes de soutien et les équivalents des GEMs des groupes d’entraide. Nos amis les belges ont une définition bien à eux des GEMs qui ne sont pas chez eux une marque déposée : Un groupe d’entraide est une petite alliance largement bénévole et plus ou moins structurée, formée et gérée totalement ou en grande partie par des pairs réunis afin de s’adapter et de surmonter la maladie, les problèmes psychologiques ou sociaux communs qui les affectent personnellement ou en tant que proche. Leur but peut également être d’apporter des changements dans leur environnement social et politique. En plus d’apporter un support mutuel à ses membres, ces groupes peuvent également être impliqués dans des actions de formation, d’éducation, et d’aide matérielle.
(…) Un groupe d’entraide est géré/animé concernées personnellement par la thématique, tandis qu’un groupe de soutien est géré/animé par des professionnels (rémunérés pour cette gestion, dans leur cadre de travail). Cette distinction n’empêche pas que ces groupes réalisent des activités identiques (information, soutien individuel et psychologique, groupe de parole, …). Les groupes de soutien développent souvent ce qu’on pourrait appeler « la méthode d’entraide » qui se base sur un partage et un échange du vécu entre les membres du groupe.

Pour aller plus loin

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