The French taste Psychiatric Survivors Mutual Help Groups (GEMs)
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Que diriez-vous d’un petit tour de France des GEMs en voiture électrique ?

D 1er mai 2019     H 04:02     A Stefan Jaffrin     C 0 messages


Article écrit par Jean-Claude Davidson (CNIGEM) en 2017

Cette expérience inédite et innovante nous montre comment une aventure individuelle peut conduire à tisser un maillage entre les GEM sur tout le territoire. Et comment, un projet individuel peut se relier au collectif, un des principes de base des GEM, « faire ensemble ».

Afin d’illustrer au mieux cette aventure particulière, nous avons trouvé intéressant d’écouter les différents protagonistes du GEM « Lesseps » à Montpellier, lieu de départ de ce périple à travers la France.

Chacun depuis sa place apporte un éclairage différent et c’est ce que nous vous proposons de découvrir à travers les propos de Jean-Jacques, l’initiateur et acteur du projet, des autres adhérents et leurs les animateurs.

Dans les GEM, comme ailleurs, chacun a sa propre histoire et donc, chacun est unique. Au GEM « Lesseps », Jean-Jacques lui, a un peu la bougeotte... Il aime les voyages et les challenges.

Il précise même que c’est important pour lui car c’est ce qui lui a permis de sortir de sa solitude.
Toutefois, il a également d’autres motivations, notamment celle de donner espoir à ceux qui, comme lui, sont en souffrance psychique. Et au-delà, montrer à tous que malgré le handicap, on peut faire des choix, monter des projets et les réaliser. Voilà en fait ce qui lui tient à cœur.

Montpellier- Béziers – Libourne – la rochelle - st Nazaire – Douai – Amiens – Coulommier – Besançon – Marseille – Montpellier

Un voyage, quel qu’il soit, ça se prépare un minimum. Avant de partir, Jean-Jacques avait donc listé les GEM qui se trouvaient sur son parcours. Les avait contactés pour leur demander s’il pouvait passer les voir. Puis, au jour le jour, il a réglé les problèmes matériels : trouver une borne électrique et recharger la batterie 3 fois par jour ! Une broutille.

Paradoxalement, il trouve que cela a été bien plus simple à la campagne que dans les villes. En revanche, pour les repas, c’était assez aléatoire : « quelque fois, j’étais invité. Je mangeais comme si j’étais chez moi, d’autres fois... rien ».

Pour l’hébergement aussi c’était un peu au petit bonheur la chance. Cela se faisait au gré des rencontres, ou pas... Dans le meilleur des cas, il a dormi chez l’habitant ou bien dans des auberges ou encore à l’hôtel. En termes de budget, c’est vrai qu’il vaut mieux avoir un peu anticipé.

Ce qui l’a marqué par rapport à tous les GEM rencontrés, c’est leur diversité. Tant dans le fonctionnement, le lieu d’implantation que dans l’accueil.

S’il a ressenti que l’ambiance y est plus ou moins chaleureuse, il a trouvé que « de manière générale les adhérents étaient plus intéressés par sa démarche que les animateurs ». Il pense que ces derniers « ont du mal à admettre qu’un groupe de personnes puisse se passer d’eux ». Pour lui, cela « pose la question de la formation des personnes sur le handicap psychique, même les animateurs. »

Les adhérents de son GEM oscillent entre admiration au regard des performances techniques, incompréhensions voire même désintérêt total pour la réalisation de ce projet. Toutefois, tous ou presque sont d’accord sur l’exploit personnel accompli.

« Pour moi c’est une idée originale, ce que Jean-Jacques a fait, je ne savais pas que cela était possible ! ».
« C’est bien mais c’est pas fait pour tout le monde ».
« Il a fait le tour des GEM, il a eu du courage à 50 Km/h ».
« C’est un précurseur, un pionner » « On s’en fout de sa voiture »...
Et pour certains, de conclure : « finalement, quand on veut, on peut toujours inclure les autres et partager son expérience d’une manière ou d’une autre ».

Quant aux animateurs, pour eux, il s’agit surtout d’une démarche personnelle. A travers cette expérience ce qui retient leur attention c’est l’articulation entre problématiques personnelles et échos avec le collectif. « Avec Jean-Jacques et son « Tour de France », c’est toute la question de notre travail ensemble qui est posée. ». En effet, un GEM repose sur la volonté de « faire ensemble », de construire un projet commun. Ils disent : « à la base, c’est son projet. Il est initié, organisé et planifié par lui et lui seul. » Ils ajoutent : « C’est aussi grâce à cela qu’il peut se projeter dans le temps. » Ils concluent : « au départ c’est un peu confus, cela part d’une démarche « écolo » avec, certes, des valeurs d’entraide. » Puis : « Parler de son aventure l’a amené à expliquer sa démarche aux autres adhérents. Il a mis en valeur les rencontres initiées avec d’autres GEM. » Finalement, ces motivations de départ lui permettent de faire lien de nouveau avec le collectif.

Quand on demande à Jean-Jacques s’il a un nouvel objectif, il répond : « je pourrais réaliser un autre projet centré exclusivement sur les GEM et cette fois, le construire avec eux. Par exemple, chaque GEM pourrait préparer un cadeau pour le suivant... ». Ce qui est stimulant, c’est de se dire que dans chaque GEM de formidables idées germent, qui bientôt seront semées pour continuer à donner de l’espoir à tous. Même si les projets sont beaucoup moins ambitieux que celui de Jean-Jacques, ils permettent d’avancer et de partager. Ensemble.
Merci au GEM « Lesseps », à Jean-Jacques, aux adhérents et aux animateurs d’avoir partagé avec nous tous ce retour d’expérience.

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